Couple français consultant un projet d'investissement SCPI sur ordinateur portable
Publié le 2 février 2026

J’ai accompagné Marc l’année dernière. Cadre dans l’industrie pharmaceutique, 45 ans, il voulait placer 80 000 € en SCPI sans toucher à son épargne de sécurité. Sa banque historique lui a dit non. Trois semaines perdues avant qu’on trouve un établissement spécialisé. Son dossier a été accepté en dix jours.

La réponse courte : oui, vous pouvez financer des parts SCPI par crédit immobilier. Mais franchement, la réalité du terrain est plus nuancée que ce que vous lirez dans les brochures commerciales. Toutes les banques ne jouent pas le jeu, les conditions varient énormément selon votre profil, et sans les bons réflexes, vous risquez de perdre un mois ou deux sur un dossier mal orienté.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou courtier en crédit pour toute décision d’investissement à crédit.

L’essentiel sur le crédit SCPI en 30 secondes

  • Oui, le crédit immobilier pour SCPI est possible mais toutes les banques n’acceptent pas
  • Taux d’endettement maximum 35%, durée jusqu’à 20-25 ans selon profil
  • Effet de levier intéressant si rendement SCPI dépasse le coût du crédit
  • Passez par un courtier spécialisé pour maximiser vos chances

Crédit immobilier pour SCPI : oui, mais pas dans toutes les banques

Soyons clairs dès le départ : sur le papier, rien n’interdit de financer des parts SCPI par un prêt immobilier. Dans la pratique, la politique commerciale de chaque établissement fait toute la différence. J’ai vu des clients se faire refuser par leur banque de toujours alors qu’un courtier leur trouvait une solution en moins de deux semaines.

Le problème, c’est que les SCPI ne sont pas un bien immobilier classique. Vous n’achetez pas un appartement avec une adresse et des murs. Vous achetez des parts d’une société qui, elle, détient de l’immobilier. Certaines banques considèrent ce produit comme suffisamment « immobilier » pour accorder un prêt aux conditions classiques. D’autres préfèrent proposer un crédit à la consommation (plus cher) ou refusent tout simplement.

Aux termes des normes HCSF officielles, les règles du crédit immobilier s’appliquent : durée maximale de 25 ans, taux d’endettement plafonné à 35%. Ces contraintes valent pour tout crédit habitat, SCPI comprise. Une marge de flexibilité de 20% des nouveaux prêts peut déroger à ces normes, mais elle profite surtout aux primo-accédants pour leur résidence principale.

Mon conseil systématique : ne sollicitez jamais votre banque en présentant le projet comme un « crédit immobilier classique » sans mentionner d’emblée qu’il s’agit de SCPI. L’erreur que je vois le plus souvent, c’est justement ça. Le client dépose son dossier, la banque instruit pendant quatre à six semaines, puis découvre la destination des fonds et refuse. Temps perdu, moral en berne. Ce constat vaut pour mon périmètre d’intervention en Île-de-France et peut varier selon votre établissement.

Les conditions pour obtenir votre financement SCPI

Avant de vous lancer dans les démarches, vous devez savoir si votre profil correspond à ce que recherchent les établissements qui acceptent de financer la pierre-papier. Les options de financement bancaire varient considérablement selon que vous êtes primo-investisseur ou détenteur d’un patrimoine existant.

L’échange avec un professionnel spécialisé accélère l’acceptation du dossier



Sur les dossiers que j’ai suivis ces dernières années, les refus tombent presque toujours pour les mêmes raisons. Soit le client a sollicité un établissement qui n’a pas de politique claire sur les SCPI, soit le taux d’endettement dépassait la limite avant même d’intégrer le nouveau prêt.

Votre profil est-il finançable ? Les 7 points à vérifier



  • Taux d’endettement actuel inférieur à 30% (pour garder une marge)


  • Revenus stables : CDI, fonctionnaire, profession libérale établie


  • Apport disponible entre 10% et 20% du montant visé


  • Aucun incident bancaire sur les cinq dernières années


  • Épargne résiduelle suffisante après l’opération


  • Durée de crédit souhaitée de 15 à 20 ans maximum


  • Montant d’investissement supérieur à 30 000 € (seuil fréquent)

Cette liste n’est pas exhaustive, chaque banque applique ses propres critères. Mais si vous cochez au moins cinq cases, vous avez de bonnes chances. En dessous, attendez-vous à des négociations serrées ou orientez-vous directement vers un courtier spécialisé.

Les 3 erreurs qui font rejeter votre dossier

Présenter le projet comme un crédit immobilier classique sans mentionner les SCPI dès le départ. Solliciter une banque qui n’a pas de politique de financement pierre-papier. Sous-estimer l’impact des revenus SCPI futurs dans le calcul du taux d’endettement (certaines banques ne les comptent qu’à 70%).

Sur les dossiers que j’accompagne, comptez environ six à sept semaines entre le montage complet et la souscription effective des parts. Ce délai peut s’allonger si votre banque n’est pas familière avec ce type de financement. La timeline typique : constitution du dossier à J+0, dépôt de la demande à J+7, réponse de principe vers J+21, offre de prêt à J+35, déblocage des fonds à J+45, puis souscription des parts autour de J+50.

Effet de levier : quand le crédit SCPI devient vraiment intéressant

L’intérêt principal d’emprunter pour investir en SCPI, c’est l’effet de levier. Vous investissez avec l’argent de la banque, les loyers remboursent une partie des mensualités, et vous vous constituez un patrimoine sans puiser dans votre épargne. Sur le principe, c’est séduisant. Dans les faits, ça ne fonctionne que si les conditions sont réunies.

Le calcul est simple : pour que l’opération soit rentable, le rendement net de vos parts doit dépasser le coût total de votre crédit. Selon le rapport ASPIM de février 2025, le taux de distribution moyen des SCPI s’établit à 4,72% en 2024, contre 4,52% l’année précédente.

De l’autre côté de l’équation, les données Crédit Logement de décembre 2025 indiquent un taux moyen de crédit immobilier autour de 3,17%. Sur le papier, un différentiel de 1,5 point semble confortable.

Les SCPI investissent dans l’immobilier tertiaire : bureaux, commerces, santé



Attention toutefois : ce calcul ne tient pas compte de la fiscalité, des frais de gestion, ni du délai de jouissance (période pendant laquelle vous ne percevez pas encore de loyers mais remboursez déjà votre crédit). Comptez entre trois et six mois de décalage selon les SCPI.

Crédit amortissable vs crédit in fine : le match pour votre SCPI
Critère Crédit amortissable Crédit in fine Mon avis
Mensualités Capital + intérêts, constantes Intérêts seuls, capital remboursé à la fin In fine = trésorerie allégée
Déduction fiscale Intérêts décroissants dans le temps Intérêts constants sur toute la durée In fine = optimisation fiscale
Profil adapté Investisseur classique, TMI modérée TMI élevée (41% ou plus), patrimoine existant Amortissable pour la majorité
Risque Capital remboursé progressivement Capital à rembourser en une fois Amortissable = plus sécurisé
Accès Relativement accessible Exige garanties solides (nantissement, assurance-vie) Amortissable = plus simple

Mon avis tranché : sauf si vous êtes dans une tranche marginale d’imposition à 41% ou plus avec un patrimoine déjà constitué, le crédit amortissable classique reste le choix le plus cohérent. Le crédit in fine séduit sur le papier (mensualités légères, intérêts déductibles constants), mais il suppose que vous ayez de quoi rembourser le capital à l’échéance. Si vous cherchez à explorer les différentes SCPI disponibles, vous pouvez consulter l’offre sur le site epsicap.fr pour comparer les profils de risque et de rendement.

Un point que beaucoup oublient : conformément au BOFIP, les intérêts d’emprunt contractés pour acquérir des parts SCPI sont déductibles de vos revenus fonciers. Cette déduction diminue votre base imposable et améliore la rentabilité nette de l’opération. Si vos intérêts dépassent vos revenus SCPI une année, le déficit foncier généré peut s’imputer sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Conseil pratique : Je recommande systématiquement de passer par un courtier spécialisé plutôt que par votre banque classique. Non pas que votre banque soit incompétente, mais parce qu’un courtier connaît les établissements qui acceptent réellement ce type de financement. Sur le cas de Marc évoqué plus haut, le courtier a obtenu une réponse favorable en dix jours là où la banque historique avait refusé après trois semaines d’instruction. Le taux était légèrement supérieur (environ 0,3 point de plus), mais le dossier est passé.

Vos questions sur le financement SCPI à crédit

Voici les interrogations qui reviennent le plus souvent dans les dossiers que j’accompagne. Si votre question n’y figure pas, vous pouvez affiner votre projet avec une simulation de crédit immobilier adaptée à votre situation.

Peut-on acheter des SCPI à crédit sans apport ?

C’est théoriquement possible, mais rare en pratique. La plupart des établissements demandent un apport de 10 à 20% du montant investi. Sans apport, vous devrez compenser par un profil irréprochable : revenus élevés et stables, taux d’endettement très bas, patrimoine existant. Les financements à 110% (montant + frais) existent pour l’immobilier classique, beaucoup moins pour les SCPI.

Quelle banque accepte de financer les SCPI ?

Je ne citerai pas de noms (les politiques changent vite), mais sachez que les banques en ligne et les établissements traditionnels n’ont pas la même approche. Certaines banques mutualistes régionales sont plus souples que les grandes banques nationales. Le plus efficace reste de passer par un courtier qui connaît les interlocuteurs acceptant ce type de dossier au moment où vous le constituez.

Le crédit SCPI compte-t-il dans le taux d’endettement ?

Oui, intégralement. Vos mensualités de crédit SCPI s’ajoutent à vos autres charges pour calculer votre taux d’endettement. Certaines banques acceptent de prendre en compte les revenus SCPI futurs pour compenser (généralement à hauteur de 70%), mais ce n’est pas automatique. Vérifiez ce point avant de vous engager.

Peut-on déduire les intérêts du crédit SCPI ?

Oui, les intérêts d’emprunt sont déductibles de vos revenus fonciers issus des SCPI. Vous devez déclarer vos revenus au régime réel (formulaire 2044) pour en bénéficier. Si vous êtes au micro-foncier, vous ne pouvez pas déduire les intérêts (l’abattement forfaitaire de 30% est censé les couvrir).

Quelle durée de crédit choisir pour investir en SCPI ?

Dans mon expérience, la durée optimale se situe entre 15 et 20 ans. Plus court, les mensualités pèsent trop sur votre trésorerie et l’effet de levier s’affaiblit. Plus long, le coût total du crédit augmente significativement. Le bon équilibre dépend de votre capacité à supporter les mensualités même si les loyers SCPI baissent temporairement.

Ce qu’il faut retenir avant de vous lancer

Financer des parts SCPI par crédit immobilier est une stratégie qui fonctionne, à condition de ne pas se tromper d’interlocuteur bancaire et de calibrer correctement son dossier. L’effet de levier peut réellement accélérer la constitution de votre patrimoine, mais il amplifie aussi les risques si le rendement des parts baisse ou si votre situation personnelle évolue défavorablement.

Les 3 actions à mener maintenant



  • Calculez votre taux d’endettement actuel et vérifiez qu’il reste sous les 30%


  • Contactez un courtier spécialisé avant de solliciter votre banque


  • Comparez le rendement net des SCPI visées avec le coût total de votre crédit

Points de vigilance sur le financement SCPI à crédit

Les taux et conditions mentionnés sont indicatifs et varient selon les établissements et votre profil. L’acceptation d’un crédit dépend de critères propres à chaque banque. Les performances passées des SCPI ne préjugent pas des performances futures. En cas de doute, consultez un conseiller en gestion de patrimoine ou un courtier en crédit immobilier.

Rédigé par Thomas Roussel, conseiller en investissement immobilier exerçant en cabinet indépendant depuis 2017. Il a accompagné plus de 200 investisseurs dans leurs projets SCPI, dont une centaine avec montage à crédit. Son expertise porte sur l'optimisation des dossiers de financement et la négociation avec les établissements bancaires. Il intervient régulièrement en formation auprès de conseillers en gestion de patrimoine sur les stratégies d'investissement pierre-papier.